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Interview d'Arnaud Breuzard,
Responsable QHSE pour Babcock Wanson


" Nous faisons de la RSE depuis longtemps mais c’est vraiment que cette année que nous allons rentrer dans une phase de structuration. Nous voulons adopter une démarche plus cadrée, pertinente et globale."

" Arnaud, tout d’abord,
pouvez-vous nous parler de Babcock Wanson ? "

Babcock Wanson est spécialisée dans la fourniture d’équipements et de de services pour les chaufferies industrielles. Nous sommes un groupe indépendant, leader français dans notre domaine et nous fabriquons à la fois les brûleurs et les chaudières.

L’entreprise est basée à Nérac, où nous comptons 180 collaborateurs, nous sommes 360 sur toute la France et 650 dans le monde, avec une seconde usine à Milan.

L’entreprise est particulièrement attachée au territoire d’Albret qui fait partie de son histoire.

" Justement, Babcock Wanson est une entreprise ancienne de l’Albret, quelle est son histoire ? "

Oui, tout à fait, l’entreprise a plus de 120 ans et s’est implantée à Nérac dans les années 50. C’est l’histoire d’une amitié en fait !

Alfred Parent, alors fabricant d’équipements thermiques à Nérac se lie d’amitié avec un industriel belge, Léon Wanson, lors de la Première Guerre Mondiale. De cette rencontre va naître le développement des activités de services autour des chaudières industrielles.

" L'entreprise a t-elle
connu beaucoup de
changements depuis ? "

En effet, dans les années 90, le Groupe français CNIM a consolidé 2 sociétés, Babcock Entreprise d’un côté, société fabriquant des chaudières de moyenne et grosse puissance et Wanson de l’autre, positionné sur la fabrication de chaudières de petite et moyenne puissance ainsi que sur les brûleurs. Cette fusion va donner naissance au Groupe Babcock-Wanson.

 

Puis, en 2016, le groupe CNIM décide de se recentrer sur ses activités d’Ingénierie et d’Ensemblier pour la conception et l’exploitation d’usine de valorisation d’ordures ménagères. Il décide alors de vendre Babcock-Wanson dont les activités étaient peu en synergie avec les activités principales de CNIM.

Le Groupe Babcock-Wanson commence alors une nouvelle phase de son développement en devenant indépendant, soutenue par un fonds d’investissement, le FCDE (Fonds de Consolidation et de Développement des Entreprises).

 

Depuis 2 mois, le Groupe a réalisé un second LBO par lequel un nouveau fonds d’investissement, Kartesia, est devenu l’actionnaire majoritaire au côté d’une équipe de management élargi. Le groupe a aussi eu la volonté de faire entrer au capital un second fonds minoritaire, cette fois ci régional. C’est réellement une volonté de Babcock Wanson d’intégrer un fonds Néo-Aquitain pour renforcer son empreinte territoriale.

La volonté de Kartesia est de donner les moyens au Groupe Babcock-Wanson de poursuivre son développement, en particulier par la réalisation d’acquisitions lui permettant de renforcer sa position partout en Europe.  

" L’ancrage territorial est-il important pour l’entreprise ? "

Je crois que Babcock Wanson fait, depuis longtemps maintenant, partie du paysage de l’Albret. L’ancrage territorial est une valeur forte de l’entreprise. Nous voulons faire partie du tissu local lot-et-garonnais et néo-aquitain.

Nous privilégions le local dans nos achats et nos partenariats. Nous sommes notamment engagés dans le Club des ETI régionaux.

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" Le savoir-faire de l’entreprise a-t-il lui aussi évolué depuis la création ? "

Si la fabrication des corps de chaudière a peu changé, même si notre usine s’est de plus en plus automatisée ces dernières années, en revanche, les automatismes embarqués sur les chaudières ont totalement transformé nos métiers.
 

La digitalisation est devenue maintenant un moyen d’offrir à nos clients des contrats de services permettant le suivi des données de leur chaufferie afin d’optimiser leur consommation énergétique.  Toutes nos chaudières sortent maintenant nativement connectées de notre usine de Nérac.
 

De même la technologie des brûleurs s’est considérablement développée ces dernières années afin de pouvoir réduire les rejets dans les fumées en particulier pour les Nox.

" La démarche RSE est-elle également ancienne dans
vos pratiques ? 
"

Nous faisons de la RSE depuis longtemps mais c’est vraiment que cette année que nous allons rentrer dans une phase de structuration. Nous voulons adopter une démarche plus cadrée, pertinente et globale.

Babcock Wanson est engagée dans Gascogne Environnement. L’association a réalisé pour nous un diagnostic RSE. Il s’agit d’une étape de départ essentielle pour prendre de la hauteur de vue.

 

Jusqu’à présent, nous nous sommes vraiment focalisés uniquement sur certains axes de la RSE, notamment en agissant en faveur de l’épanouissement des salariés et en accompagnant nos clients dans l’efficience énergétique.

En fait, nous faisons de la RSE depuis longtemps, oui, mais surtout pour nos clients.

" Pourquoi avez-vous choisi de faire d’abord une démarche RSE pour vos clients ? "

Il s’agit d’une particularité de notre entreprise car nous sommes justement fabriquant de chaudières industrielles. Nos produits vont consommer en majorité du gaz naturel et encore un peu du fioul. Donc, notre empreinte sur l’environnement va réellement se situer sur la consommation d’énergie fossile des produits que nous vendons à nos clients. Et ça, Cyril Fournier Montgieux, notre PDG, l’a compris depuis longtemps !

Concrètement, à la suite de notre premier bilan carbone on sait qu’améliorer de 1 % l’efficience de nos chaudières gaz chez nos clients, va avoir 15 fois plus d’impact que de travailler sur nos propres émissions. Il est donc plus pertinent d’investir pour développer des produits plus efficients, qui vont, in fine, réduire l’empreinte carbone des clients et la pollution de l’air.

" Vous parlez des énergies fossiles, n’y a-t-il pas d’alternatives à ce jour ?  "

On commence justement à développer des alternatives avec des chaudières électriques ou encore fonctionnant à l’hydrogène. On a d’ailleurs de plus en plus de clients qui nous demandent des chaudières électriques pour avoir une meilleure gestion des rejets de gaz à effet de serre et on sait aujourd’hui répondre à cela.

Nous cherchons en permanence à anticiper les futures exigences réglementaires. Ainsi, nous concevons et fabriquons des chaudières et des brûleurs qui répondent toujours à des critères plus stricts que ceux imposés par la réglementation en matière d’émission de polluants.

" Suite au diagnostic, quelles sont les premières actions que vous allez mettre en place ?  "

Il y en a plusieurs, je peux vous en citer les principales :

  • Nous avons décidé de travailler sur les achats durables. On candidate ainsi à la campagne achats durables de la CCI47 pour être accompagné.

  • Nous souhaitons étudier la possibilité de mise en place de panneaux photovoltaïques dans un but d’autoconsommation de notre usine. Il s’agit aussi de s’inscrire avec la démarche Territoire à Energie Positive dans lequel le Pays d’Albret est moteur.

  • Enfin, la finalisation de notre gamme de chaudière électrique permettra d’aider nos clients à réduire de façon totale l’utilisation d’énergie fossile ainsi que leurs rejets atmosphériques.

 

Du coté social, nous mettons en place un accord télétravail en entreprise qui est une étape naturelle suite à l’expérience positive vécue durant ces différentes périodes de confinement.