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Interview de Frédérick Massa,
Directeur de SOREGOM


" Oui, la Responsabilité Sociétale des Entreprises par notre
contribution aux enjeux du Développement Durable,
c’est réellement dans notre ADN !
"

" Frédérick, pouvez-vous nous parler de SOREGOM ? "

SOREGOM est une entreprise implantée sur la commune de Damazan depuis 2008. Nous comptons aujourd’hui 22 salariés. L’activité de l’entreprise est la collecte et la transformation de pneus usagés en matière première secondaire.

SOREGOM fait partie du GIE France Recyclage Pneumatique (FRP), un éco-organisme qui collecte l’écotaxe et restitue une participation pour la collecte et le traitement des pneus. Nous répondons également à des demandes ponctuelles et à des appels d’offres de collectivités pour les pneus d’ensilage notamment.

" On peut donc dire que la RSE est au cœur de votre activité ?"

Oui, la Responsabilité Sociétale des Entreprises par notre contribution aux enjeux du Développement Durable, c’est réellement dans notre ADN ! Aujourd’hui, il y a très peu de solutions de valorisation pour les pneus usagés. SOREGOM propose un process qui génère pratiquement zéro déchets générés et produit de la matière première secondaire.

SOREGOM est ailleurs certifiée ISO 14001 version 2015. Dans ce cadre de notre SME (Système de Management Environnemental), nous travaillons notamment sur nos émissions de CO2. Un plan sur quelques années visant à remplacer notre flotte de camions est en cours ; 80 % de notre flotte est déjà renouvelée pour répondre aux nouvelles normes. Ces dispositions collent à la Charte CO2 signée par SOREGOM et qui permet de se structurer pour réduire les émissions de GES (Gaz à Effet de Serre).

" Vous faites partie d’un
eco-organisme, quel est le fonctionnement de cette structure ? "

France Recyclage Pneumatique (FRP), perçoit l’eco-taxe de certains vendeurs de pneus. Elle restitue ensuite cette taxe, selon le principe des éco-organismes, à des plateformes telles que la nôtre. FRP demande les collectes à ses centres adhérents.

" Combien de pneus
collectez-vous
chaque année ? "

SOREGOM collecte 16 000 tonnes de pneus par an, sur 22 départements.

Avec notre flotte de 10 camions et avec un partenariat avec des transporteurs locaux, nous collectons les pneus auprès de garages, de sites de démantèlement de véhicules usagés (VHU), de particuliers…

 

Nous avons des objectifs annuels. Sur notre site de Damazan, nous trions et transformons directement les pneus qui seront ensuite réutilisés sous différentes formes.

Nous avons environ 1400 sites de collectes.

" Quelle est la première étape lorsque vous récupérez des pneus ? "

Il faut tout d’abord les trier. Environ 10 % des pneus que nous collectons peuvent repartir pour une deuxième vie. Ils sont principalement envoyés en Afrique de l’Ouest, en Amérique du Sud. Des garages locaux proposant du pneu d’occasion sont également preneurs de ces pneus.

Pour le reste des pneus, ils sont broyés, soit par un broyeur primaire qui sort du DRAINGOM® destiné aux travaux publics, soit par un broyeur d’affinage qui permet de faire un produit calibré qui sert de combustible dans les fours des cimenteries, le CIMGOM®.

" Qu’est-ce que le DRAINGOM® ? "

C’est un broyat de pneus calibré, le DRAINGOM®, solution alternative à l’emploi de matériaux naturels de remblai drainant et / ou technique dans les secteurs des Travaux Publics et de la construction. Ce matériau à la mise en œuvre facile et économique évite les bassins ouverts et notamment la prolifération de moustiques.

Le DRAINGOM®, c’est 100 % de valo-matière, de la matière première secondaire avec des applications exclusivement travaux publics. Il se présente sous forme de broyats de pneus, entre 10 et 20 cm. Il peut être utilisé en drain périphérique ou en drainage d’ouvrage. C’est aujourd’hui une solution économique, écologique et approuvée. Cela fait plus de 15 ans que le DRAINGOM® est utilisé. Il est plus économique que des structures alvéolaires ou du caillou, et c’est surtout, c’est une solution écologique puisqu’il se substitue à l’extraction de ressources naturelles.

" Qui sont les acheteurs du DRAINGOM® ? "

Mallet, Eurovia, Colas et d’autres Société du TP comptent aujourd’hui parmi nos clients utilisateurs de DRAINGOM®.

Nous avons du mal à vendre ce produit en local, les dossiers de consultation des entreprises permettent rarement cette alternative. Par contre ce produit est très demandé dans d’autres départements, particulièrement dans le 64, le 66.

" Et le CIMGOM®, c’est quoi exactement ? "

Le CIMGOM®, est un broyat affiné de 40 à 75 mm qui répond au cahier des charges des cimenteries, il sert de combustible dans les fours des cimenteries. 75 % de valo-énergétique et 25% de valo-matière.

C’est aujourd’hui une solution alternative au « petcoke » issu du raffinage du pétrole et des CSR (Combustible Solide de Récupération).

Un de nos plus gros clients est situé au Maroc, nous livrons également 2 cimenteries au Pays Basque espagnol et nous démarchons une cimenterie en Occitanie pour fournir ce combustible.

" Justement, l’acheminement de vos produits doit être un véritable enjeu en terme de RSE ? "

Tous nos transports sont effectués en camions : collectes de pneus, livraison des chantiers, livraison sur le Port de Bordeaux pour l’export vers le Maroc.

Notre souci est de « décarboner » nos transports dans la mesure du possible, et dans un contexte économiquement favorable.

La proximité du canal latéral à la Garonne avec la ZAE de DAMAZAN et d’autres entre Agen et Bordeaux permettent d’imaginer une reprise du fret fluviale.

Dans le passé, le canal de Garonne a accueilli un trafic fret important. L’année record pour le trafic de fret sur le canal des deux mers remonte à 1973 :

+ de 600 000 tonnes ont été transportées et la batellerie - faute de moyens suffisants - a dû refuser près de 300 000 tonnes de marchandises.

- 450 000 tonnes de fret ont été manutentionnées depuis un quai sur le canal de Garonne en 1973 (71% de chargement et 29% de déchargement).

- plus de 116 unités circulaient sur le bassin dont 14% d’automoteurs Freycinet et 86% d’automoteur au gabarit canal du Midi (266 unités en 1938 >>> 34 unités en 1980).

A contrario, en 1974, seulement 12 bateaux de plaisance étaient comptabilisés et 116 automoteurs transportant des marchandises

Aujourd’hui le fret est de l’ordre d’une centaine de tonnes par an.

" Où en êtes-vous dans ce projet de fret fluvial ? "

Nous avons rejoint l’Alliance COMPAS47 qui a pour objectif de ré-utiliser le canal pour du fret vers Bordeaux (également adhérents : Aliarec, Valoregen, Tovo et Manger Bio Sud-Ouest).

Cela peut représenter pour SOREGOM de 8.000 à 12.000 tonnes de broyats CIMGOM®

Nous sommes soutenus dans ce projet notamment par VALORIZON, la Communauté de communes du Confluent et des Coteaux de Prayssas, VNF (Voies Navigables de France) et la Région Nouvelle Aquitaine.

Un voyage pilote a été organisé en Mai 2021 par MBSO pour transporter des denrées alimentaires dans Bordeaux intramuros (Bassin à flot). Ce test a permis d’appréhender la logistique de chargement déchargement et de l’intérêt de la coopération des différents intervenants autour de cette opération.

Nous avons élaboré un cahier des charges pour lancer une étude de faisabilité, et proposer un prix de fret adaptable par chacun des chargeurs.

A l’issu d’une consultation, un bureau d’études vient d’être désigné pour effectuer ce travail, les conclusions sont attendues pour Mars 2022.

Cette étude permettra également de faire une approche en termes d’infrastructure à prévoir sur le canal pour mettre en place ce fret fluvial, tout en respectant la navigation touristique.

C’est assez complexe à mettre en place, notamment par rapport à la configuration de notre canal. Il est étroit et nécessite, une péniche d’un certain gabarit nommé « Freycinet ». Il s’agit aussi d’étudier le chargement et l’entreposage, que ce soit sur le port de Bordeaux mais aussi sur le quai de Damazan. On doit également prendre en compte le tourisme fluvial en Lot-et-Garonne.